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Frère Lustig
Grimm Märchen

Frère Lustig - Contes des Frères Grimm

Temps de lecture: 29 min

Il fut un temps où une grande guerre éclata, et lorsqu’elle prit fin, de nombreux soldats furent démobilisés. Frère Lustig reçut lui aussi sa démobilisation, ne possédant pour tout bagage qu’un petit pain de rationnement et quatre kreuzers. Saint Pierre, cependant, s’était placé sur son chemin sous les traits d’un pauvre mendiant, et lorsque Frère Lustig s’approcha, il lui demanda l’aumône. Frère Lustig répondit : « Cher mendiant, que puis-je vous donner ? J’ai été soldat, j’ai été démobilisé et je n’ai rien d’autre que ce petit pain de rationnement et quatre kreuzers ; quand je n’aurai plus rien, je devrai mendier comme vous. Je vous donnerai tout de même quelque chose. »

Alors, il coupa le pain en quatre parts et en donna une à l’apôtre, ainsi qu’une croix. Saint Pierre le remercia, poursuivit son chemin et se jeta de nouveau sur le chemin du soldat, déguisé en mendiant, mais sous une autre apparence. Lorsqu’il arriva à sa hauteur, il lui demanda une aumône comme auparavant. Frère Lustig lui parla de la même manière et lui donna de nouveau un quart du pain et une croix.

Saint Pierre le remercia et poursuivit son chemin, mais pour la troisième fois, il se déguisa en mendiant et s’adressa à frère Lustig. Ce dernier lui donna le tiers du pain et le troisième kreuzer. Saint Pierre le remercia de nouveau, et frère Lustig continua sa route, n’ayant plus qu’un quart de pain et un kreuzer.

Sur ce, il entra dans une auberge, mangea le pain et commanda une bière d’une valeur d’un kreuzer. Après l’avoir bue, il reprit sa route, et c’est alors que saint Pierre, qui avait pris l’apparence d’un soldat démobilisé, le rencontra et lui dit : « Bonjour, camarade, ne pourrais-tu pas me donner un peu de pain et un kreuzer pour boire ? » « Où pourrais-je me le procurer ? » répondit frère Lustig. « J’ai été démobilisé et je n’ai reçu qu’un pain de mie et quatre kreuzers. J’ai rencontré trois mendiants sur la route et je leur ai donné à chacun un quart de mon pain et un kreuzer. J’ai mangé le dernier quart à l’auberge et j’ai bu avec le dernier kreuzer. Maintenant, je n’ai plus un sou, et si toi non plus tu n’as rien, nous pouvons aller mendier ensemble. »

« Non, répondit saint Pierre, nous n’avons pas besoin de faire cela. Je connais un peu la médecine, et je gagnerai bientôt tout ce dont j’ai besoin grâce à cela. »

« En effet, dit frère Lustig, je n’en sais rien, je dois donc aller mendier seul. »

« Viens avec moi, dit saint Pierre, et si je gagne quelque chose, tu en auras la moitié. »

« Très bien », dit frère Lustig, et ils partirent ensemble.

Ils arrivèrent ensuite à la maison d’un paysan d’où provenaient de fortes lamentations et des cris. Ils entrèrent et trouvèrent là le mari, alité et mourant, tandis que sa femme pleurait à chaudes larmes. « Cessez ces cris et ces pleurs », dit saint Pierre, « je vais le guérir. » Il sortit alors un onguent de sa poche et guérit le malade en un instant, si bien que celui-ci put se relever et recouvra la santé.

L’homme et sa femme, ravis, dirent : « Comment pouvons-nous vous récompenser ? Que pouvons-nous vous offrir ? »

Mais saint Pierre refusa tout, et plus les paysans lui offraient, plus il refusait.

Frère Lustig, cependant, donna un coup de coude à saint Pierre et dit : « Prenez quelque chose ; nous en avons vraiment besoin. » Finalement, la femme apporta un agneau et dit à saint Pierre qu’il devait absolument le prendre, mais il refusa. Alors frère Lustig lui donna un coup de coude et dit : « Prends-le, imbécile ! Nous en avons grand besoin ! »

Alors saint Pierre dit enfin : « Eh bien, je prendrai l’agneau, mais je ne le porterai pas ; si tu tiens absolument à l’avoir, tu devras le porter toi-même. »

« Ce n’est rien », dit frère Lustig, « je le porterai facilement », et il le prit sur son épaule. Puis ils partirent et arrivèrent dans un bois, mais frère Lustig commençait à trouver l’agneau lourd et il avait faim. Il dit donc à saint Pierre : « Tiens, c’est un bon endroit, nous pourrions faire cuire l’agneau là et le manger. »

« Comme tu voudras, répondit saint Pierre, mais je ne peux pas m’occuper de la cuisine ; si tu veux cuisiner, il y a une marmite pour toi, et pendant ce temps-là, je vais faire un petit tour jusqu’à ce que ce soit prêt. Tu ne dois cependant pas commencer à manger avant mon retour ; je viendrai au moment opportun. »

« Eh bien, allez-y alors », dit frère Lustig, « je comprends la cuisine, je m’en sortirai. »

Puis saint Pierre s’en alla, et frère Lustig immola l’agneau, alluma un feu, jeta la viande dans la marmite et la fit bouillir. L’agneau était cependant tout à fait cuit, et l’apôtre Pierre n’était pas revenu. Frère Lustig le retira donc de la marmite, le découpa et trouva le cœur. « C’est ce qu’on dit être la meilleure partie », dit-il, et il y goûta, mais finalement il le mangea entièrement.

Finalement, saint Pierre revint et dit : « Tu peux manger tout l’agneau, je ne prendrai que le cœur, donne-le-moi. » Alors frère Lustig prit un couteau et une fourchette, et fit semblant de chercher anxieusement le cœur dans la chair de l’agneau, mais ne le trouvant pas, il dit finalement brusquement : « Il n’y en a pas. »

« Mais où peut-il être ? » demanda l’apôtre. « Je ne sais pas, répondit frère Lustig, mais voyez, comme nous sommes tous deux insensés de chercher le cœur de l’agneau, et d’oublier qu’un agneau n’a pas de cœur ! »

« Oh », dit saint Pierre, « voilà qui est tout à fait nouveau ! Tous les animaux ont un cœur, pourquoi un agneau n’en aurait-il pas ? »

« Non, soyez assuré, mon frère, dit frère Lustig, qu’un agneau n’a pas de cœur ; réfléchissez-y sérieusement, et vous verrez qu’il n’en a vraiment pas. »

« Eh bien, cela me convient », dit saint Pierre, « s’il n’y a pas de cœur, alors je ne veux pas d’agneau ; tu peux le manger seul. »

« Ce que je ne peux pas manger maintenant, je l’emporterai dans mon sac à dos », dit frère Lustig, et il mangea la moitié de l’agneau et mit le reste dans son sac à dos.

Ils continuèrent leur chemin, et alors saint Pierre fit jaillir un grand torrent d’eau qui leur barrait la route, les obligeant à le traverser. Saint Pierre leur dit : « Passe le premier. »

« Non », répondit frère Lustig, « tu dois y aller en premier », et il pensa : « si l’eau est trop profonde, je resterai en arrière. »

Alors saint Pierre la traversa, et l’eau lui arrivait juste au genou. Frère Lustig commença alors à la traverser lui aussi, mais l’eau monta plus haut et lui monta jusqu’à la gorge. Alors il s’écria : « Frère, aidez-moi ! »

Saint Pierre lui demanda : « Avoueras-tu donc avoir mangé le cœur de l’agneau ? » « Non, répondit-il, je n’en ai pas mangé. »

L’eau monta encore plus haut et lui arriva à la bouche. « À l’aide, frère ! » s’écria le soldat. Saint Pierre lui dit : « Avoueras-tu donc avoir mangé le cœur de l’agneau ? »

« Non », répondit-il, « je n’en ai pas mangé. »

Saint Pierre, cependant, ne le laissa pas se noyer ; il fit descendre l’eau et l’aida à traverser.

Ils poursuivirent ensuite leur route et arrivèrent dans un royaume où ils apprirent que la fille du roi était mourante. « Frère, s’écria le soldat à saint Pierre, c’est une chance pour nous ; si nous la guérissons, nous serons à l’abri du besoin pour le restant de nos jours ! »

Mais saint Pierre n’était pas assez rapide à son goût : « Allons, levez les jambes, mon cher frère, dit-il, afin que nous puissions arriver à temps. »

Mais saint Pierre marchait de plus en plus lentement, malgré tous les efforts de frère Lustig pour le pousser et l’encourager, et finalement ils apprirent que la princesse était morte. « Nous sommes perdus ! » s’écria frère Lustig ; « c’est à cause de ta démarche somnolente ! »

« Tais-toi, répondit saint Pierre, je peux faire plus que guérir les malades ; je peux ressusciter les morts. »

« Eh bien, si tu peux faire cela, dit frère Lustig, c’est bien, mais tu devras nous gagner au moins la moitié du royaume grâce à cela. » Puis ils se rendirent au palais royal, où tous étaient plongés dans une grande tristesse, mais saint Pierre annonça au roi qu’il ramènerait sa fille à la vie.

On l’emmena auprès d’elle et il dit : « Apportez-moi une bouilloire et de l’eau. » Quand on lui en apporta, il fit sortir tout le monde et ne laissa personne auprès de lui, hormis frère Lustig. Puis il démembra la morte, jeta ses membres dans l’eau, alluma un feu sous la bouilloire et les fit bouillir. Lorsque la chair se fut détachée des os, il retira les beaux os blancs, les déposa sur une table et les disposa dans leur ordre naturel. Après cela, il s’avança et dit trois fois : « Au nom de la Sainte Trinité, morte, lève-toi. »

Et à la troisième fois, la princesse se leva, vivante, saine et belle. Alors le roi fut rempli de joie et dit à saint Pierre : « Demande ta récompense ; même si c’était la moitié de mon royaume, je te la donnerais. »

Mais saint Pierre répondit : « Je n’en veux rien. » « Oh, imbécile ! » pensa frère Lustig, et il donna un coup de coude à son camarade en disant : « Ne sois pas si stupide ! Si tu n’as besoin de rien, moi si. »

Saint Pierre, cependant, n’en voulut rien, mais comme le roi vit que l’autre désirait beaucoup avoir quelque chose, il ordonna à son trésorier de remplir le sac à dos de frère Lustig d’or.

Ils poursuivirent leur chemin et, arrivés dans une forêt, saint Pierre dit à frère Lustig : « Maintenant, nous allons partager l’or. » « Oui, répondit-il, nous le ferons. »

Alors saint Pierre partagea l’or en trois tas. Frère Lustig se dit : « Mais qu’est-ce qui lui prend ? Il veut trois parts, alors que nous ne sommes que deux ! » Mais saint Pierre répondit : « J’ai partagé exactement : une part pour moi, une pour toi, et une pour celui qui a mangé le cœur de l’agneau. »

« Oh, j’ai mangé ça ! » répondit Frère Lustig, et il ramassa précipitamment l’or. « Vous pouvez me croire sur parole. »

« Mais comment cela peut-il être vrai, dit saint Pierre, puisqu’un agneau n’a pas de cœur ? »

« Eh, mon frère, à quoi penses-tu ? Les agneaux ont un cœur comme les autres animaux, pourquoi n’en auraient-ils pas ? »

« Eh bien, qu’il en soit ainsi », dit saint Pierre, « gardez l’or pour vous, mais je ne resterai plus avec vous ; je suivrai mon chemin seul. »

« Comme vous le souhaitez, cher frère », répondit frère Lustig. « Adieu. »

Saint Pierre prit alors un autre chemin, mais Frère Lustig pensa : « C’est une bonne chose qu’il se soit éloigné, après tout, c’est un saint étrange. »

Il eut alors suffisamment d’argent, mais ne sut comment le gérer ; il le dilapida, le donna, et quelque temps plus tard, il se retrouva de nouveau sans le sou. Puis il arriva dans un pays où il apprit que la fille du roi était morte. « Tiens ! » pensa-t-il, « voilà qui pourrait bien m’arriver ; je la ramènerai à la vie et je serai enfin payé comme il se doit. »

Il alla donc trouver le roi et lui proposa de ressusciter la jeune fille. Or, le roi avait entendu parler d’un soldat démobilisé qui parcourait le pays et ramenait les morts à la vie, et il pensa que frère Lustig était cet homme ; mais, n’ayant aucune confiance en lui, il consulta d’abord ses conseillers, qui lui suggérèrent de tenter l’expérience, puisque sa fille était décédée.

Frère Lustig ordonna alors qu’on lui apporte de l’eau dans une bouilloire, ordonna à chacun de sortir, coupa les membres, les jeta dans l’eau et alluma un feu en dessous, comme il l’avait vu faire à saint Pierre. L’eau se mit à bouillir, la chair se détacha, et il retira les os et les déposa sur la table, mais il ne savait pas dans quel ordre les disposer et les plaça tous de travers.

Alors il se tint devant eux et dit : « Au nom de la Très Sainte Trinité, jeune fille morte, je t’ordonne de te lever ! » Il le répéta trois fois, mais les ossements ne bougeèrent pas. Il le répéta donc trois fois de plus, mais en vain : « Malheureuse enfant que tu es, lève-toi ! s’écria-t-il, lève-toi, ou il en sera pire pour toi ! »

Après avoir dit cela, saint Pierre apparut soudain sous son apparence d’ancien soldat démobilisé ; il entra par la fenêtre et dit : « Homme impie, que fais-tu ? Comment la jeune fille morte peut-elle ressusciter, alors que tu as jeté ses ossements dans un tel désordre ? »

« Cher frère, j’ai fait tout mon possible », répondit-il. « Cette fois-ci, je te sortirai de cette difficulté, mais je te préviens : si jamais tu entreprends à nouveau une chose pareille, tu en subiras les conséquences, et tu ne dois ni exiger ni accepter la moindre faveur du Roi pour cela ! »

Alors saint Pierre disposa les ossements dans l’ordre, dit trois fois à la jeune fille : « Au nom de la Très Sainte Trinité, jeune fille morte, lève-toi », et la fille du roi se releva, saine et belle comme auparavant. Puis saint Pierre repartit par la fenêtre, et frère Lustig se réjouit de voir que tout s’était si bien passé, mais fut fort contrarié de penser qu’il n’en retirerait finalement rien.

« J’aimerais bien savoir, pensa-t-il, quelle idée saugrenue a bien pu avoir ce type, car ce qu’il donne d’une main, il le reprend de l’autre — il n’y a absolument aucun sens là-dedans ! »

Alors le roi offrit à frère Lustig tout ce qu’il désirait, mais celui-ci n’osa rien prendre. Cependant, par des allusions et de la ruse, il parvint à convaincre le roi de faire remplir son sac d’or, et sur ce, il partit. Lorsqu’il sortit, saint Pierre se tenait près de la porte et lui dit : « Regarde donc quel homme tu es ! Ne t’avais-je pas interdit de prendre quoi que ce soit, et voilà que ton sac est plein d’or ! »

« Comment puis-je y contribuer », répondit frère Lustig, « si les gens le font pour moi ? »

« Eh bien, je te le dis, si jamais tu recommences à faire quelque chose de ce genre, tu en subiras les conséquences ! »

« Eh, mon frère, n’aie pas peur, maintenant que j’ai de l’argent, pourquoi me donnerais-je la peine de laver des os ? »

« Ma foi, dit saint Pierre, l’or durera longtemps ! Afin que tu ne t’aventures plus jamais sur les chemins interdits, je confère à ton sac cette propriété : tout ce que tu désires y trouvera. Adieu, tu ne me reverras plus. »

« Au revoir », dit frère Lustig, et il pensa : « Je suis bien content que tu sois parti, étranger ! Je ne te suivrai certainement pas. » Mais il ne songea plus au pouvoir magique qui avait été conféré à son sac à dos.

Frère Lustig voyageait avec son argent, le dilapidant comme toujours. N’ayant plus que quatre kreuzers, il passa devant une auberge et se dit : « Il faut que cet argent parte. » Il commanda donc pour trois kreuzers de vin et un kreuzer de pain. Tandis qu’il buvait, l’odeur d’une oie rôtie parvint à ses narines. Frère Lustig jeta un coup d’œil autour de lui et aperçut que l’aubergiste avait deux oies dans le four.

Il se souvint alors que son camarade avait dit que tout ce qu’il souhaitait avoir dans son sac à dos devait s’y trouver, et il dit : « Oh, ho ! Je dois essayer ça avec les oies. »

Il sortit donc et, une fois devant la porte, il dit : « Je voudrais bien que ces deux oies rôties sortent du four et soient dans mon sac à dos. » Après avoir dit cela, il déboucla son sac, regarda à l’intérieur et les vit. « Ah, c’est ça ! » s’exclama-t-il, « maintenant je suis un homme accompli ! » Il partit ensuite vers un pré et en sortit la viande rôtie.

Alors qu’il était en plein repas, deux compagnons s’approchèrent et regardèrent avec envie la seconde oie, encore intacte. Frère Lustig se dit : « Une seule me suffit », et il appela les deux hommes en leur disant : « Prenez l’oie et mangez-la à ma santé ! » Ils le remercièrent et l’emportèrent à l’auberge. Ils commandèrent une demi-bouteille de vin et un pain, sortirent l’oie qu’on leur avait donnée et commencèrent à manger.

L’hôtesse les vit et dit à son mari : « Ces deux-là sont en train de manger une oie ; regarde donc si ce n’est pas une des nôtres, sortie du four. » Le propriétaire accourut, et ô surprise, le four était vide !

« Quoi ! » s’écria-t-il. « Bande de voleurs ! Vous voulez manger une oie à si bas prix ? Payez-la sur-le-champ, sinon je vous laverai à la sève de noisetier ! » Les deux hommes répondirent : « Nous ne sommes pas des voleurs. Un soldat démobilisé nous a donné cette oie, là-bas, dans le pré. »

« Vous ne me mentirez pas ainsi ! Le soldat était là, mais il est sorti par la porte, comme un honnête homme. Je me suis occupé de lui moi-même ; vous êtes les voleurs et vous paierez ! »

Comme ils n’avaient pas de quoi payer, il prit un bâton et les chassa de la maison à coups de bâton. Frère Lustig poursuivit son chemin et arriva à un endroit où se dressait un magnifique château, et non loin de là une auberge misérable. Il entra dans l’auberge et demanda l’hospitalité pour la nuit, mais l’aubergiste le congédia en disant : « Il n’y a plus de place, la maison est pleine de nobles hôtes. »

« Je suis surpris qu’ils soient venus chez vous et non dans ce splendide château », dit frère Lustig. « Ah, en effet », répondit l’hôte, « mais y passer une nuit n’est pas une mince affaire ; nul n’en est jamais revenu vivant. »

« Si d’autres l’ont essayé, » dit frère Lustig, « je l’essaierai aussi. »

« Laisse tomber », dit l’hôte, « tu vas y laisser ta peau. » « Ça ne me tuera pas sur le coup », répondit frère Lustig, « donne-moi juste la clé, et de la bonne nourriture et du bon vin. »

L’hôte lui donna donc la clé, ainsi que de la nourriture et du vin. Frère Lustig entra alors dans le château, prit son repas et, finalement, comme il était somnolent, il s’allongea à même le sol, car il n’y avait pas de lit. Il s’endormit bientôt, mais fut réveillé pendant la nuit par un grand bruit. À son réveil, il vit neuf hideux diables dans la pièce, qui avaient formé un cercle et dansaient autour de lui. Frère Lustig dit : « Eh bien, dansez tant que vous voulez, mais que personne ne s’approche trop près. »

Mais les démons se rapprochaient sans cesse de lui, et faillirent lui marcher sur le visage de leurs pieds hideux. « Arrêtez, fantômes démoniaques ! » cria-t-il, mais ils redoublèrent d’agressivité. Alors, frère Lustig, furieux, s’écria : « Hola ! Mais je vais bientôt y mettre fin ! » Il saisit le pied d’une chaise et se rua au milieu d’eux. Mais neuf démons contre un seul soldat, c’était encore trop, et lorsqu’il frappa ceux qui se trouvaient devant lui, les autres le saisirent par les cheveux et les lui arrachèrent sans pitié.

« Bande de démons ! » s’écria-t-il. « Ça tourne mal, mais attendez ! Dans mon sac à dos, vous neuf ! » Aussitôt, ils y furent engloutis. Il boucla le sac et le jeta dans un coin. Le calme revint aussitôt, et frère Lustig se recoucha et dormit jusqu’au lever du jour. L’aubergiste et le noble propriétaire du château arrivèrent alors pour prendre de ses nouvelles ; mais, le voyant joyeux et en pleine forme, ils furent étonnés et lui demandèrent : « Les esprits ne vous ont donc fait aucun mal ? »

« La raison pour laquelle ils ne sont pas là, répondit frère Lustig, c’est que je les ai tous les neuf dans mon sac ! Vous pouvez désormais habiter votre château en toute tranquillité, aucun d’eux ne le hantera plus jamais. » Le noble le remercia, lui offrit de riches présents et le pria de rester à son service, promettant de subvenir à ses besoins jusqu’à la fin de ses jours.

« Non », répondit frère Lustig, « j’ai l’habitude de vagabonder, je poursuivrai mon chemin. » Puis il partit et entra dans une forge, déposa le sac contenant les neuf démons sur l’enclume et demanda au forgeron et à ses apprentis de le frapper. Ils frappèrent donc de toutes leurs forces avec leurs grands marteaux, et les démons poussèrent des hurlements vraiment pitoyables. Lorsqu’il ouvrit le sac, huit d’entre eux étaient morts, mais l’un d’eux, qui se trouvait dans un pli, était encore vivant ; il s’échappa et retourna en enfer.

Frère Lustig voyagea alors longtemps à travers le monde, et ceux qui le connaissent peuvent raconter bien des histoires à son sujet ; mais finalement, il vieillit et pensa à sa fin. Il alla donc trouver un ermite réputé pour sa piété et lui dit : « Je suis las d’errer et je veux maintenant me comporter de telle sorte que j’entre dans le royaume des Cieux. »

L’ermite répondit : « Il y a deux chemins : l’un est large et agréable, et il mène en enfer ; l’autre est étroit et accidenté, et il mène au ciel. » « Je serais fou, pensa frère Lustig, si je prenais le chemin étroit et accidenté. »

Il se mit donc en route et emprunta la large et agréable voie, et arriva enfin devant une grande porte noire, qui était la porte de l’Enfer. Frère Lustig frappa, et le portier jeta un coup d’œil pour voir qui était là. Mais lorsqu’il vit Frère Lustig, il fut terrifié, car c’était le neuvième diable même qui avait été enfermé dans le sac à dos et qui s’en était échappé avec un œil au beurre noir.

Il remit donc le verrou aussi vite qu’il le put, courut trouver le lieutenant du diable et lui dit : « Il y a un type dehors avec un sac à dos qui veut entrer, mais comme vous tenez à vos vies, ne le laissez pas faire, sinon il voudra que tout l’enfer se retrouve dans son sac. Une fois, il m’a roué de coups alors que j’étais dedans. »

Alors ils crièrent à frère Lustig de repartir, car il ne devait pas entrer ! « S’ils ne veulent pas de moi ici, pensa-t-il, je verrai si je peux me trouver une place au Ciel, car je dois bien être quelque part. » Il fit donc demi-tour et continua son chemin jusqu’à la porte du Ciel, où il frappa.

Saint Pierre était assis tout près, en tant que portier. Frère Lustig le reconnut aussitôt et pensa : « Voilà un vieil ami, je m’entendrai mieux avec lui. »

Mais saint Pierre répondit : « Je crois vraiment que tu désires entrer au Ciel. »

« Laisse-moi entrer, mon frère ; il faut bien que je trouve un moyen d’entrer quelque part ; s’ils m’avaient emmené en enfer, je ne serais pas venu ici. »

« Non, dit saint Pierre, tu n’entreras pas. »

« Alors si tu ne veux pas me laisser entrer, reprends ton sac à dos, car je ne veux rien de toi. »

«Donnez-le-moi donc», dit saint Pierre.

Alors frère Lustig lui remit le sac à dos au Ciel à travers les barreaux, et saint Pierre le prit et l’accrocha à côté de son siège.

Alors Frère Lustig dit : « Et maintenant, je souhaite être à l’intérieur de mon sac à dos », et en une seconde il y était, et au Ciel, et saint Pierre fut obligé de le laisser y rester.

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Information pour l'analyse scientifique

Indicateur
Valeur
NuméroKHM 81
TraductionsEN, ZH, ES, RU, CZ, PT, JA, DE, VI, TR, IT, PL, NL, RO, HU, DA, FI, SE, BE, BG, SK, SL, SR
Indice de lisibilité selon Björnsson35,3
Nombre de Caractères22.212
Nombre de Lettres16.751
Nombre de Phrases225
Nombre de Mots3.838
Nombre moyen de mots par phrase17,06
Mots de plus de 6 lettres699
Pourcentage de mots longs18,2%
Rapport type-token (TTR)0,275
Rapport type-token à moyenne mobile (MATTR)0,831
Mesure de diversité lexicale textuelle (MTLD)101,9
Hapax legomena645
Longueur moyenne des mots4,45
Médiane de la longueur des phrases16,0
90e percentile de la longueur des phrases29,0
Part du discours direct42,0%
Complexité des phrases3,34
Connecteurs310
Cohésion référentielle0,031
Candidats personnages/nomsLustig (60), Pierre (51), Frère (6), Ciel (5), Sainte (3), Trinité (3), Prenez (2), Avoueras-tu (2), Très (2)
Réseau de cooccurrence des personnagesFrère - Lustig (22), Lustig - Pierre (13), Frère - Pierre (6), Sainte - Trinité (3), Ciel - Pierre (3), Frère - Prenez (2), Lustig - Prenez (2), Avoueras-tu - Pierre (2)
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