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Le lièvre de mer
Le lièvre de mer Märchen

Le lièvre de mer - Contes des Frères Grimm

Temps de lecture: 10 min

Il était une fois une princesse qui, tout en haut des remparts de son château, possédait un appartement aux douze fenêtres, offrant une vue imprenable dans toutes les directions. Lorsqu’elle y grimpait et contemplait les alentours, elle pouvait embrasser du regard l’ensemble de son royaume. Sa vue, à travers la première fenêtre, était plus perçante que celle de n’importe quel être humain ; à la deuxième, elle voyait encore mieux ; à la troisième, plus distinctement encore, et ainsi de suite, jusqu’à la douzième, d’où elle pouvait tout voir, au-dessus et au-dessous de la terre, et rien ne pouvait lui être caché. De plus, comme elle était hautaine et ne voulait se soumettre à personne, désirant conserver le pouvoir pour elle seule, elle fit proclamer que nul ne pourrait jamais devenir son époux s’il ne pouvait se dissimuler à elle si efficacement qu’il lui serait absolument impossible de le retrouver.

Celui qui tenterait cela et serait découvert par elle devait avoir la tête tranchée et plantée sur un pieu. Quatre-vingt-dix-sept pieus portant des têtes de morts se dressaient déjà devant le château, et personne ne s’était présenté depuis longtemps. La princesse, ravie, pensa : « Désormais, je serai libre jusqu’à la fin de mes jours. » Soudain, trois frères se présentèrent à elle et lui annoncèrent vouloir tenter leur chance. L’aîné pensait être en sécurité en se réfugiant dans une fosse à chaux, mais elle l’aperçut par la première fenêtre, le fit sortir et le fit décapiter.

Le second se glissa dans la cave du palais, mais elle l’aperçut aussi depuis la première fenêtre, et son sort fut scellé. Sa tête fut placée sur le 99e poteau. Alors le plus jeune vint la trouver et la supplia de lui accorder un jour pour réfléchir, et d’avoir la grâce de fermer les yeux si elle le découvrait deux fois, mais que s’il échouait la troisième fois, il considérerait sa vie comme terminée. Comme il était si beau et la suppliait avec tant d’insistance, elle répondit : « Oui, je te l’accorde, mais tu n’y parviendras pas. »

Le lendemain, il médita longuement sur la manière de se cacher, mais en vain. Alors, il prit son fusil et partit chasser. Il aperçut un corbeau, le visa et s’apprêtait à tirer lorsque l’oiseau cria : « Ne tire pas ! Je te le ferai payer ! » Il posa son fusil, poursuivit son chemin et arriva à un lac où il surprit un gros poisson qui était remonté des profondeurs à la surface. Lorsqu’il l’eut visé, le poisson cria : « Ne tire pas ! Je te le ferai payer ! » Il le laissa replonger, continua sa route et rencontra un renard boiteux. Il tira et le manqua, et le renard cria : « Tu ferais mieux de venir ici et de m’enlever l’épine de la patte. » Il le fit ; mais ensuite, voulant tuer le renard et le dépecer, le renard dit : « Arrête ! Je te le ferai payer ! » Le jeune homme le laissa partir, puis, à la tombée de la nuit, il rentra chez lui.

Le lendemain, il devait se cacher ; mais malgré tous ses efforts pour trouver une solution, il ne savait pas où. Il alla dans la forêt trouver le corbeau et lui dit : « Je te laisse la vie sauve, alors dis-moi maintenant où me cacher, pour que la fille du roi ne me voie pas. » Le corbeau baissa la tête et réfléchit longuement. Finalement, il croassa : « J’ai trouvé. » Il prit un œuf dans son nid, le coupa en deux et y enferma le jeune homme ; puis il le referma et s’assit dessus. Lorsque la fille du roi alla à la première fenêtre, elle ne put le voir, ni aux autres, et elle commença à s’inquiéter, mais à partir de la onzième, elle le vit. Elle ordonna qu’on tire sur le corbeau, qu’on apporte l’œuf et qu’on le casse, et le jeune homme fut contraint de sortir. Elle dit : « Pour une fois, tu es excusé, mais si tu ne fais pas mieux, tu es perdu ! »

Le lendemain, il se rendit au lac, appela le poisson et lui dit : « Je t’ai épargné, dis-moi maintenant où me cacher pour que la fille du roi ne me voie pas. » Le poisson réfléchit un instant, puis s’écria : « J’ai trouvé ! Je vais t’enfermer dans mon estomac. » Il l’avala et descendit au fond du lac. La fille du roi regarda par ses fenêtres et, même à partir du onzième jour, ne le vit pas et s’inquiéta ; mais finalement, à partir du douzième jour, elle le vit. Elle ordonna qu’on capture et qu’on tue le poisson, et alors le jeune homme apparut. On peut imaginer son état d’esprit. Elle dit : « Tu es pardonné deux fois, mais sois sûr que ta tête sera plantée sur le centième poteau. »

Le dernier jour, le cœur lourd, il se rendit à la campagne et rencontra le renard. « Tu sais trouver toutes sortes de cachettes », dit-il ; « je te laisse la vie sauve, mais dis-moi où me cacher pour que la fille du roi ne me découvre pas. » « C’est une tâche ardue », répondit le renard, l’air pensif. Finalement, il s’écria : « J’ai trouvé ! » et l’accompagna jusqu’à une source, s’y plongea et en ressortit marchand ambulant et négociant en animaux. Le jeune homme dut lui aussi se plonger dans l’eau et fut transformé en petit lièvre de mer.

Le marchand entra en ville et montra le joli petit animal. Une foule se rassembla pour le voir. La fille du roi arriva à son tour et, l’appréciant beaucoup, l’acheta, offrant une belle somme au marchand. Avant de le lui remettre, il lui dit : « Quand la fille du roi ira à la fenêtre, glisse-toi vite sous ses tresses. » Le moment arriva où elle dut le chercher. Elle alla à chaque fenêtre, de la première à la onzième, sans le voir. Ne le voyant toujours pas à la douzième, elle fut prise d’angoisse et de colère et ferma les fenêtres avec une telle violence que les vitres volèrent en éclats et que tout le château trembla.

Elle retourna sur ses pas et sentit le lièvre de mer sous ses tresses. Puis elle le saisit et le jeta à terre en s’écriant : « Va-t’en ! Disparais de ma vue ! » Le lièvre courut vers le marchand, et tous deux se hâtèrent vers la source, où ils plongèrent et retrouvèrent leur véritable apparence. Le jeune homme remercia le renard et dit : « Le corbeau et le poisson sont des imbéciles comparés à toi ; tu sais jouer la bonne mélodie, c’est indéniable ! »

Le jeune homme se rendit directement au palais. La princesse l’attendait déjà et se résigna à son destin. Les noces furent célébrées et il devint roi, seigneur de tout le royaume. Il ne lui révéla jamais où il s’était caché pour la troisième fois, ni qui l’avait aidé ; aussi crut-elle qu’il avait tout fait par lui-même et elle éprouva un grand respect pour lui, se disant : « Il est capable de faire plus que moi. »

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Information pour l'analyse scientifique

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Valeur
NuméroKHM 191
TraductionsEN, ZH, ES, RU, UA, CZ, PT, JA, DE, VI, TR, IT, PL, NL, RO, EL, HU, DA, FI, SE, BE, BG, SK
Indice de lisibilité selon Björnsson39,5
Nombre de Caractères6.472
Nombre de Lettres4.961
Nombre de Phrases64
Nombre de Mots1.141
Nombre moyen de mots par phrase17,83
Mots de plus de 6 lettres247
Pourcentage de mots longs21,6%
Rapport type-token (TTR)0,396
Rapport type-token à moyenne mobile (MATTR)0,804
Mesure de diversité lexicale textuelle (MTLD)92,0
Hapax legomena312
Longueur moyenne des mots4,41
Médiane de la longueur des phrases16,0
90e percentile de la longueur des phrases31,8
Part du discours direct17,8%
Complexité des phrases3,09
Connecteurs80
Cohésion référentielle0,028
Candidats personnages/nomsJ'ai (3)
Réseau de cooccurrence des personnagesaucun
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